AWS et Azure contrôleurs d'accès au titre du DMA : ce que la décision de novembre changerait pour les acheteurs de cloud en Europe
Bloomberg a rapporté le 2 octobre 2026 que la Commission européenne compte désigner Amazon Web Services et Microsoft Azure comme contrôleurs d'accès (gatekeepers) au titre du règlement sur les marchés numériques (DMA) en novembre, confirmant l'avis préliminaire transmis aux deux entreprises en juin. Ce serait la première désignation fondée sur les seuls critères qualitatifs du DMA, car les services cloud ne remplissent aucun des seuils d'utilisateurs écrits pour les magasins d'applications et les réseaux sociaux. Cet article explique ce que la décision ferait et ne ferait pas, et ce qu'un acheteur européen devrait préparer tant que le projet reste un projet.
La chronologie
La Commission dispose d'un an à partir de l'ouverture d'une enquête de marché pour décider, d'où novembre comme date naturelle ; les sources précisent que le calendrier peut encore glisser.
Ce que dit le DMA, appliqué au cloud
| Pourquoi qualitatif | Les seuils du DMA (45 millions d'utilisateurs finaux mensuels, 10 000 utilisateurs professionnels, 7,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires ou 75 milliards de capitalisation) ont été écrits pour les plateformes grand public ; les services cloud ont peu d'utilisateurs finaux en ce sens, donc la Commission s'appuie sur l'article 3(8) : position bien ancrée, verrouillage, passerelle entre les entreprises et leurs clients |
|---|---|
| L'argument de la Commission | Des bases de clients anciennes et nombreuses pour qui changer coûte cher, et deux fournisseurs qui gardent l'essentiel de la nouvelle demande de calcul IA dans leurs propres écosystèmes |
| Auto-préférence | Un contrôleur d'accès ne peut pas classer ni traiter ses propres services plus favorablement que ceux des tiers sur sa plateforme |
| Interopérabilité | Les concurrents doivent pouvoir fonctionner avec le service essentiel du contrôleur ; pour le cloud, la question vive est de savoir quelles interfaces comptent |
| Portabilité des données | Les utilisateurs professionnels et finaux doivent pouvoir sortir leurs données, effectivement et en continu |
| Ventes liées | Interdiction d'exiger l'usage d'un service du contrôleur pour accéder à un autre ; les conditions de licence qui favorisent le cloud de l'éditeur sont la cible évidente |
| Amendes | Jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial, 20 % en cas de récidive ; astreintes jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires journalier |
| Ce qu'il ne fait pas | Le DMA ne fixe pas les prix, ne plafonne pas les frais de sortie et n'impose pas de fournisseur européen ; le Data Act couvre déjà les frais de changement à partir de 2027 |
AWS a soutenu en juin que l'UE régule déjà le changement de cloud par le Data Act et que des règles DMA supplémentaires pourraient décourager l'investissement en Europe. Microsoft a déclaré que le secteur européen du cloud est innovant et très concurrentiel. Google Cloud, troisième hyperscaler, n'est pas visé par cette enquête.
Cinq idées fausses
Ce qui change pour un acheteur
La réserve honnête : à chaque désignation précédente, les rapports de conformité des contrôleurs ont pris des mois de discussion et les premières décisions de non-conformité sont arrivées des années plus tard (Apple et Meta ont été sanctionnés en avril 2025 pour des pratiques de 2024). Prévoyez un levier de négociation en 2027, pas un marché du cloud différent en 2026.
Faut-il changer vos plans maintenant ?
- Renouvellement ou signature d'un contrat hyperscaler ?
- → Le contrat court au-delà de mi-2027 ?
- non: Signer normalement ; aucun effet DMA pendant la durée
- oui: Licence liée au cloud de l'éditeur (Windows, SQL Server, Oracle) ?
- oui: Négocier les conditions de licence maintenant ; le DMA vous donne l'argument en 2027
- non: Souveraineté ou périmètre NIS2 imposent de toute façon un fournisseur européen ?
- oui: Choisir sur SecNumCloud et le prix, pas sur le DMA
- non: Ajouter une clause de revue liée à la désignation DMA et aux obligations de portabilité
- → Le contrat court au-delà de mi-2027 ?
Se préparer tant que la décision est un projet
Avant novembre
tadataAvant novembre
- MUST Inventorier les services managés à API propriétaires dont vous dépendez (files de messages, identité, catalogues de données) ce sont eux qui décident de votre portabilité réelle
- MUST Lister les licences dont le prix dépend de l'endroit où elles tournent
- SHOULD Lire les dispositions du Data Act sur le changement de fournisseur : le calendrier des frais de sortie est là, pas dans le DMA
- SHOULD Ajouter une clause de revue DMA aux contrats signés cet automne
- COULD Faire un test de portabilité : exporter un jeu de données de production et le restaurer ailleurs, en chronométrant le résultat est votre vrai coût de sortie aujourd'hui
En résumé
Une désignation comme contrôleur d'accès donnerait aux acheteurs européens de cloud un régulateur armé derrière les promesses de portabilité et d'interopérabilité qu'ils entendent déjà en réunion commerciale. Elle ne baisserait pas les prix, n'interdirait pas les frais de sortie et ne rendrait pas un fournisseur souverain moins cher. Utilisez les mois d'ici la décision pour mesurer votre vrai coût de sortie et insérer des clauses de revue dans les nouveaux contrats ; utilisez 2027 pour négocier. Côté prix, notre comparatif équitable des prix du cloud en Europe et le guide du cloud souverain couvrent les alternatives.
Sources : Bloomberg (2 octobre 2026) via The Next Web ; The Register et Computing sur l'avis préliminaire de juin 2026 ; Data Center Dynamics ; texte du DMA (règlement 2022/1925, articles 3, 5-7, 30) et Data Act (règlement 2023/2854, chapitre VI). Lus le 14 octobre 2026 ; la désignation n'est pas définitive.