Depuis que Gmail refuse au niveau SMTP le courrier de masse non conforme (novembre 2025), après l'application par Microsoft en mai 2025 pour Outlook.com et les règles de Google et Yahoo de février 2024, l'authentification du courrier a cessé d'être un conseil de délivrabilité pour devenir une condition de réception. Pourtant, sur environ 938 000 domaines qui publient un enregistrement DMARC, moins de la moitié appliquent une politique, et sur l'ensemble d'Internet la part des domaines en p=reject se compte en quelques pour cent. Cet article explique comment les trois protocoles s'articulent, comment passer de la surveillance au rejet sans perdre de courrier légitime, et les pannes qui arrêtent la plupart des équipes à mi-chemin.
Ce qui se passe à l'arrivée d'un message
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Ce que la plupart des équipes manquent est dans la note : DMARC n'ajoute pas un quatrième contrôle, il demande si au moins l'un de SPF ou DKIM a réussi pour le domaine que l'utilisateur voit dans From. Un outil de newsletter qui passe SPF pour son propre domaine de rebond et signe DKIM avec sa propre clé réussit les deux contrôles et échoue quand même à DMARC, parce qu'aucun des deux résultats n'appartient à votre domaine.
Ce que chaque protocole protège
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Les trois de gauche sont obligatoires pour quiconque envoie 5 000 messages par jour vers Gmail, Yahoo ou Outlook.com ; les trois de droite s'ajoutent une fois DMARC appliqué. BIMI ne fonctionne qu'en p=quarantine ou p=reject, c'est la carotte que les fournisseurs ont attachée à l'application.
Les chiffres, automne 2026
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Deux lectures. Publier un enregistrement est devenu normal ; l'appliquer, non, et l'écart est tout le problème : un enregistrement p=none satisfait les listes de contrôle des envois de masse mais n'arrête aucune usurpation. Et le gradient de taille (les grandes entreprises appliquent, les moyennes surveillent) correspond à ce que nous voyons en audit : le frein n'est pas la connaissance mais la peur de bloquer le seul outil SaaS que personne n'a inventorié.
De la surveillance au rejet en quatre étapes
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L'étape 2 est celle où les 56 % qui ne font que surveiller se sont arrêtés. La sortie est sans gloire : un tableur de chaque service qui envoie du courrier en votre nom, avec son include SPF ou son IP d'émission, son sélecteur DKIM et la personne responsable. Dans la plupart des entreprises de taille moyenne, cette liste compte 15 à 30 entrées et trois d'entre elles surprennent tout le monde.
Les enregistrements, au même endroit
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SPF
TXT sur le domaine : v=spf1 include:_spf.google.com include:sendgrid.net ip4:203.0.113.10 -all ; au plus 10 résolutions DNS, donc aplatir ou élaguer les includes
DKIM
TXT sur selector._domainkey : v=DKIM1; k=rsa; p=<clé publique 2048 bits> ; un sélecteur par service émetteur, rotation annuelle
TXT sur _smtp._tls : v=TLSRPTv1; rua=mailto:tlsrpt@votredomaine
BIMI
TXT sur default._bimi : v=BIMI1; l=https://votredomaine/logo.svg; a=https://votredomaine/vmc.pem ; exige p=quarantine ou reject et, pour Gmail, un certificat Verified Mark
Domaines parqués
v=spf1 -all, un enregistrement DKIM vide (p=) et p=reject : les domaines qui n'émettent jamais sont les plus faciles à usurper
Ce qui casse, et comment le voir
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En résumé
L'authentification du courrier, ce sont trois enregistrements DNS et un inventaire. Les enregistrements prennent une après-midi ; l'inventaire est le projet, et c'est pour cela que la plupart des domaines s'arrêtent à p=none. Maintenant que les trois plus grandes messageries rejettent au lieu d'avertir, le coût de ne pas finir n'est plus un classement en spam mais le silence. Traitez le déploiement comme tout changement de sécurité : inventorier, surveiller, appliquer progressivement, puis tenir la liste des émetteurs à jour à chaque nouvel outil SaaS. Nos articles sur le guide d'hygiène de l'ANSSI et l'architecture zero trust situent ce contrôle parmi les autres.
Sources : consignes aux expéditeurs de Google, Yahoo et Microsoft ; rapport EasyDMARC 2026 sur l'adoption et l'application de DMARC ; statistiques DMARC de Red Sift (décembre 2025) ; RFC 7208 (SPF), 6376 (DKIM), 7489 (DMARC), 8461 (MTA-STS), 8460 (TLS-RPT), 8617 (ARC). Les chiffres d'adoption varient selon le fournisseur et l'échantillon ; lus le 15 octobre 2026.
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